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Le jour où j’ai accepté mon profil atypique

Le jour où j'ai accepté mon profil atypique

Le jour où j’ai accepté mon profil atypique

« Rentrer dans une case » 

Voilà une expression que je n’ai jamais réussi à comprendre. De mes 6 ans à mes 25 ans, j’ai voulu être égyptologue, astro-physicienne, game designer, criminologue (passion Pierre Bellemare), créatrice de lingerie, écrivain… Et tellement d’autres métiers encore, que je ne me rappelle pas de toutes mes ambitions passées.

C’est d’ailleurs le métier d’écrivain qui l’a emporté avec la création, en août 2017, de La Plume et le Renard. Car derrière ces titres : rédactrice web, copywriter,… c’est bien d’écriture dont il s’agit. Une écriture au service d’une entreprise. Utilisée pour attirer le bon public. Pour vendre, certes. Mais de l’écriture quand même !

Une pratique à laquelle je m’adonne depuis plus de 20 ans. Eh oui ! Je me souviens encore des récits si naïfs et utopiques que je dictais à ma mère, alors que je ne savais même pas encore écrire ; de tous ces livres que j’engloutissais, avec le rêve, d’un jour, pouvoir écrire ma propre histoire.

« Mais ce n’est pas un métier sérieux ! »

C’est à ce moment qu’arriva le fameux « Mais voyons ! L’écriture ce n’est pas un vrai travail (ah bon ?). Être écrivain, c’est la précarité (et c’est vrai. Pourtant être auteur est un métier comme un autre [en beaucoup plus cool – oui, je mets des parenthèses dans des parenthèses #Parentèsception], qui devrait être reconnu et payé à sa juste valeur), ce qu’il te faut c’est un CDI. » Et 35h si possible. Sinon ce n’est pas drôle.

« Mon Seigneur CDI »

Ah ! Le CDI ! Ce Saint Graal qui semble faire rêver tant de monde ! Ce bouclier s’érigeant avec bravoure face au monstre Précarité, et nous protégeant de l’ombre menaçante du Chômage.

Cette phrase, du preux CDI, je l’ai entendu en long, en large, en travers, en spirale, en salto avant, et arrière… Bref, on me l’a rabâché un nombre incalculable de fois, d’une voix pressante, et d’un air apeuré. Les premiers à me brandir l’étendard merveilleux du CDI furent mes parents, horrifiés à l’idée de voir leur fille sombrer dans les affres de la Précarité. Par chance, ils ont fini par changer d’avis. Ils m’ont même poussé à me lancer, n’hésitant pas à aborder des sujets qui fâchent comme ma peur de l’échec (je ne te raconte pas l’ambiance pendant les soirées raclette à l’époque) ; et me soutiennent de leur mieux depuis.

Ce fut ensuite au tour de mes professeurs, incapables de comprendre mon incapacité à faire un choix quant à mon futur métier. J’essayais pourtant de défendre mon point de vue, arguant que je ne voyais pas la nécessité de choisir un seul métier, et de m’enfermer dans une case trop étroite pour moi, alors que le monde m’ouvrait grand les bras, et me proposait un large éventail d’expériences aussi passionnantes les unes que les autres. Pour seule réaction, on me gratifiait généralement d’une levée d’yeux au ciel, accompagnée d’un soupir dépité, ou d’un regard me faisant clairement comprendre que j’étais à côté de la plaque.

Mon entourage, d’une manière générale, ne comprenait d’ailleurs pas ma « lubie » (et je mets des GROS guillemets, et de l’italique. Eh ouais !) de ne pas vouloir faire qu’un seul métier.

« Tu es… DIFFÉRENTE ! »

L’apogée (et le pire) de la tendance « Le CDI, c’est trop génial ! » a été, je crois, pendant mes études.

Durant mon BTS, j’étais une bonne élève. Curieux quand on connaît mon taux de présence en cours avoisinant les 3%. Mais pourquoi ? te demandes-tu quelque peu perplexe suite à cette révélation soudaine. Et bien, en voici la raison : je m’ennuyais. J’oserai même dire que je me faisais royalement chier – même si ce type de langage n’est pas vraiment de mise ici. Pourtant, c’était la vérité. Je tournais rapidement en rond, et je préférais travailler de chez moi, pour pouvoir faire ensuite toutes les autres choses qui grouillaient dans ma tête.

Malgré mes absences, les résultats étaient là, et les directeurs de mon école, ainsi que mes professeurs, eurent la gentillesse d’accepter cette situation. Il faut dire que j’étais le genre d’élève à en faire toujours plus que ce qu’on me demandait. Par exemple, je rendais toujours des devoirs maison d’une dizaine de pages, au lieu des 3 ou 4 espérées. Un de mes professeurs avait même noté un jour, sur l’une de mes copies, que j’étais « un îlot de lumière dans un océan d’obscurité ». Bon, j’avoue qu’il avait peut-être un peu exagéré ce jour-là.

Arrivé à ce stade de l’article, je sens ton sourcil levé et ta perplexité.

« Pourquoi diable nous raconte-t-elle tout cela ? Quel est donc le but de cette parade ? A-t-elle un égo si surdimensionné ? » (Oui, pour moi tu parles comme ça, mais si ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave, je t’apprécie quand même)

Alors non, je ne me pavane pas devant toi, juste pour le plaisir, en t’étalant ma réussite scolaire de manière si grossière. Loin de moi cette idée.

Je veux simplement te montrer que, même si notre façon de faire n’est pas conventionnelle, elle peut porter ses fruits. Je suis ressortie de mon BTS avec une note générale de 16,02, et une liste d’absence aussi longue que moi (je te l’accorde, n’atteignant même pas le mètre 60, ce n’était pas un exercice très difficile).

Mais je te dis ça aussi pour te montrer que rien n’est jamais perdu. Et qu’un échec (ou même plusieurs) ne signifie pas que tu ne pourras plus jamais réussir. Ou que tu es nul. Et rien de tel pour te l’illustrer que le lycée.

« Ah ! Mes années lycée… »

Ah, le lycée ! Ce broyeur fantastique à personnalité et à ambition. Ce que j’ai pu détester ces trois ans passés à arpenter ses couloirs sombres et décrépis.

Tout commence avec la Petite Julia, passionnée par les sciences, et qui, contre l’avis de tous, décide vaillamment d’intégrer une filière scientifique. Par intérêt, et pour le prestige. Grossière erreur ! Habituée au haut du classement, je me suis brusquement retrouvée tout en bas, en moins de temps qu’il en faut pour dire « Gazouillis » (Quoi ? Je trouve juste ce mot rigolo – et, oui, j’utilise le mot rigolo, et alors ? Tu es de la police des mots ou quoi ?).

Mes notes ont coulé aussi vite que le Titanic, Leonardo DiCaprio en moins. Je me suis rapidement rendu compte que dans cet univers impitoyable, soit l’on comprenait du premier coup (à la rigueur du deuxième), soit nous étions mis sur le banc de touche en moins de temps qu’il en faut pour… (Ok, j’arrête).

Mais pas (encore) totalement découragée, et après une Première désastreuse, je tentai tout de même de reprendre ma scolarité en main, pour ma dernière année. Effectuant soigneusement tous les exercices demandés (et même les facultatifs), suivant en cours, révisant mes contrôles au lieu d’y aller en mode YOLO, j’avais drastiquement changé mon approche. Pourtant, rien n’y fit. Je finissais toujours avec des 4 (pour les matières scientifiques, ndlr.), et le regard accusateur de ma professeure. #traumatisme

Heureusement, ils n’étaient pas tous comme ça. J’ai eu la chance de rencontrer des professeurs qui, malgré tout, gardaient confiance en moi (je ne sais pas comment, mais ils l’ont fait), et tentaient de me faire voir un potentiel que je pensais alors inexistant chez moi. Malgré tout, leur présence ne fut pas suffisante. Je passai deux années catastrophiques, avec, en prime, un profond mal-être (et pas uniquement dû aux affres de l’adolescence), et la sensation d’être une moins que rien, qui mit du temps à s’estomper.

Je réussis tout de même, et contre toute attente, à avoir mon Baccalauréat du premier coup #miracle – une véritable Outsider !

Les années folles

Une fois ce bout de papier jaunâtre en poche – et alors même que je ne savais pas le moins du monde où j’en étais, et ce que je voulais – je me suis lancée à l’assaut d’une Prépa, en Game Design (parce que je devais absolument continuer mes études, apparemment).

Là encore, ce fut une catastrophe. Entre mon mal-être persistant, le sexisme et la misogynie ambiante, – et le fait que je préférais arpenter les couloirs des musées, au lieu de rester assise derrière une chaise, à m’ennuyer ferme – je n’ai tenu que 6 mois (un exploit en soi). J’en suis ressortie avec un arrière-goût amer, et une grosse désillusion (surtout après avoir appris que quelqu’un avait dit, alors que j’étais absente, que, de toute façon : « je n’étais bonne qu’à servir le café ». Classe).

Tu te dis peut-être qu’il était temps pour moi de faire une pause, mais que nenni ! La pression de « Faire des études » ne m’ayant toujours pas lâché, je décidais de tenter, une nouvelle fois, des études, dans une toute autre filière cette fois-ci. Mais, là encore, sans succès, malgré de bons résultats.

Je n’y arrivais tout simplement pas. J’avais la bougeotte. L’envie de vivre un tas d’expériences, de voir le monde, de rencontrer des gens différents. En cours, le rythme n’était jamais assez rapide, les cours pas assez approfondis… Bref, il y avait toujours quelque chose qui clochait. Ma curiosité me ramenait toujours dans les allées d’une exposition, ou dans les rues de Paris pour prendre en photo le quotidien des passants. Cette attitude m’avait d’ailleurs valu un cinglant : « Tu es incapable d’aller au bout de quoi que ce soit », qui me suivit pendant des années.

« Such a lonely day and it’s mine… »

Lassée par ces échecs successifs, et ayant l’envie tenace de faire mes preuves, pour prouver au monde entier que je n’étais pas une ratée, je me mis en quête d’un travail. Après avoir enchaîné les petits boulots depuis mes 18 ans (il fallait bien payer ces écoles hors de prix), je m’étais résignée à le désirer, moi aussi, ce précieux CDI. Vu qu’il était, apparemment, LA chose à avoir pour réussir sa vie.

Après des centaines de CV envoyés, comme des bouteilles à la mer, je réussis enfin à l’avoir, mon précieux. J’étais devenue une jeune femme de 20 ans, hôtesse de vente en CDI, dans la lingerie. Et en 35h en plus ! Que demander de mieux ? (Tu sens l’ironie transpirer dans cette question rhétorique, n’est-ce pas ?) Contre toute attente, la première année fut géniale. Le contact humain et les produits me passionnaient. J’apprenais sur le terrain, mais aussi en dehors, en me renseignant sur l’histoire de la lingerie, les grandes maisons, les matières, les formes…

Mais, très vite, la réalité du commerce me rattrapa. Il ne fallait pas conseiller, mais vendre. Une vision différente de la mienne, en ce qui concerne la relation client. Vision que je comprenais d’autant moins que ma manière de faire fonctionnait. En prenant le temps, en étant à l’écoute, et en ne cherchant pas à vendre à tout prix, j’avais réussi à réunir un petit cercle de clientes autour de moi, qui venaient pour mes conseils, et qui – bonus – finissaient toujours par acheter. Mon résultat était donc sur le long terme, et j’avais construit une réelle relation de confiance entre elles et moi. Elles me remerciaient par leur fidélité, qui ne s’est jamais démentie durant tout mon CDI.

Mais ce n’était pas suffisant. Cette demande toujours plus accrue de vendre toujours plus, cumulée à un manque de reconnaissance, à une envie d’apprendre de nouvelles choses, à voir de nouveaux horizons, ainsi qu’à une dépression qui pointait le bout de son nez, finit par me faire craquer.

Chaque jour était devenu un calvaire. C’était avec la boule en ventre que je me rendais au travail. Plus le temps passait, et plus les arrêts maladie devenaient fréquents – mon mal-être finissant par déteindre sur ma santé. Cette boutique, dans laquelle j’avais mis tant de passion et d’énergie, avait fini par tout écraser sur son passage. Elle m’avait rendue maussade et irritable. Je n’arrivais plus à donner le change. Avec le recul, je me rends compte de l’immense impact que cette expérience a eu sur moi. Ce fut deux années très sombres, et dont j’ai beaucoup de mal à me souvenir, tellement j’étais enlisée dans un quotidien sans couleur. Comme si mon cerveau s’était soudain lancé en mode pilotage automatique pendant deux longues années. Années durant lesquelles je n’ai quasiment rien écrit. Pire, j’avais même arrêté de lire.

« C’est l’histoire de la viiiiiie ! »

Et puis un jour, ce fut comme une évidence. Je devais partir. Pour moi. Pour mon bien-être psychologique et physique. Je devais quitter cet endroit, quitter ce métier qui me consumait à petit feu. Je voulais retrouver goût à la vie, lire à nouveau, écrire cette histoire qui me trottait dans la tête depuis quelque temps déjà.

Au fond, je le savais, je l’ai toujours su : mon destin n’était pas d’être vendeuse. Je n’avais pas la bonne fibre, ni l’envie. J’avais dû trouver un travail pour payer mes factures. L’histoire s’arrêtait là.

Et comme la vie est un éternel recommencement, me voici donc de retour dans le cursus scolaire, pour un BTS. Un BTS Négociation et Relation Client. Plus par dépit que par réelle envie, en fait. Comme je ne savais toujours pas où aller (ou plutôt, que je voulais aller dans trop de directions différentes), ce choix me parut être assez neutre à l’époque. Mais, là encore, ce fut la douche froide. Je fus effarée par certaines techniques de vente enseignées. L’art du storytelling, le social selling… toutes ces approches que je trouvais intéressantes, et plus en adéquation avec notre temps, et ma manière de faire, n’étaient pas vraiment au centre de ma formation (c’est le jeu ma pauvre Henriette).

« Libérée ! Délivréééééée ! » (Bon, et là j’arrête vraiment avec les paroles de chansons, promis !)

Mon BTS en poche (et ayant ENFIN réussi à terminer quelque chose), je sentais toujours cette force s’agiter au plus profond de moi. La même sensation, depuis toutes ces années. Et comme par le passé, je n’y prêtai pas attention.

En cause ? Peut-être ces phrases qui ne cessaient de tourner en rond dans ma tête. Les : « Tu n’arriveras jamais à en vivre », « Sois réaliste, on est dans le vrai monde là », « Arrête de rêver, ça n’arrive qu’aux autres », « Un CDI 35h je te dis ! C’est le mieux », et j’en passe.

Faire la sourde oreille face à cette petite voix qui me susurrait une vérité que je préférais étouffer me paraissait donc être la meilleure solution.

Il me fallut presque 20 ans pour enfin daigner l’écouter. Pour comprendre que mes échecs dans le monde du salariat n’étaient pas (entièrement) ma faute, mais qu’ils étaient aussi symptomatiques d’un système qui ne savait pas comment gérer les différences de chacun. Que ce n’était pas lié à mon incompétence, mais plutôt à une réaction résultant de ma différence. De mon envie profonde de me lancer, seule. De créer. Car l’entrepreneuriat est, je pense, une façon à part de créer, au même titre que le cinéma, la peinture, ou l’écriture. Et c’est un besoin que j’ai toujours eu, au fond de moi : créer.

Le déclic vint après une énième tentative d’études – et une expérience salariale peu concluante – qui me conduisit tout droit vers une grosse dépression. Résultat : 6 mois d’arrêt maladie (Ne me regarde pas avoir cet air désolé. Il se trouve que je suis plutôt en bon terme avec ma dépression. Je considère même qu’elle fut très positive pour moi, à de nombreux égards. Parfois le dimanche, on s’invite même à bruncher. Une meuf sympa sous ses airs de brute, en fait).

Cette demi-année fut une période charnière. Entre une thérapie, du yoga et des séances de sophrologie, je réussis enfin à ouvrir les yeux. À me pardonner. Et à comprendre. J’ai compris que ma dépression n’était pas nocive pour moi (Attention, je ne dis pas que c’est une généralité. Les dépressions sont propres à chaque individu, et chacun l’appréhende à sa manière. Je ne dis pas non plus que c’est un parcours de santé. J’ai bien dégusté par moment, crois-moi). C’était plutôt une façon (assez sadique maintenant que j’y pense) pour mon esprit de me prévenir quant à la détresse qui se débattait quelque part dans mon subconscient. Un signal d’alarme, brutal, lorsque j’étais trop obstinée pour m’apercevoir du danger. Un moyen de me dire : « Attention ma petite, là, tu t’enfermes dans quelque chose qui ne te correspond pas. Ah… Ah ! Tu recommences ! Reprends ça, veux-tu ? Aller ! Tu prends ton rêve, et tu le remets au centre de ta vie. Et plus vite que ça ! » (ouais, elle me parle comme ça ma dépression, quand elle est de bonne humeur).

Et ce fut un deuxième choc. Je compris que ce qui m’empêchait d’avoir la vie dont je rêvais était une chose très simple, mais terriblement sournoise : la peur. La peur de mal faire. La peur d’échouer. Mais, surtout, la peur d’être moi-même. Après des années à tenter de correspondre aux attentes que les autres plaçaient en moi, j’avais fini par oublier qui j’étais. Pire, je me demandais : « Et si ça ne plaisait pas au monde ?« . Retrouver ce Moi, enterré quelque part sous des tonnes d’angoisses, de peurs, de préjugés, d’échecs… fut un exercice compliqué. Mais, l’un de ses résultats les plus probants fut la création de La Plume et le Renard.

Je suis Divergente

Je finis par accepter l’évidence : je n’étais pas comme les autres. Je ne fonctionnais pas comme la majorité des gens. Et mon profil atypique, même si je n’aime pas vraiment ce terme*, dont j’avais longtemps eu honte, n’était en réalité pas une faiblesse mais un atout.

En embrassant ma différence, et en prenant la décision de créer La Plume et le Renard, ce fut donc bien plus qu’une simple aventure entrepreneuriale, ou un moyen de gagner de l’argent, pour moi. Ce fut – et c’est toujours – une véritable délivrance.

Pour la première fois de ma carrière (soyons fous : de ma vie), je suis sûre de moi. Je n’ai pas peur. Enfin, si. Je me fais des petites frayeurs, mais qui sont tout à fait naturelles dans une aventure de ce genre.

J’ai confiance en mon projet, car il repose sur des fondations solides : ma passion pour l’écriture, et mon amour pour les relations humaines et le conseil. Des notions qui me sont très chères, et auxquelles j’ai toujours essayé de rester fidèle, malgré la pression extérieure.

Petite pensée pour la fin (et après je te laisse tranquille, croix de bois, croix de fer)

En y repensant, je trouve toute cette histoire triste. Pourquoi ai-je dû attendre 3 épisodes dépressifs pour comprendre – et pour que mon entourage comprenne – que je ne correspondais pas au modèle en vigueur ? Et que je ne pouvais tout simplement pas m’y plier ? Que je ne voulais pas – et ne pouvais pas – avoir une vie linéaire, avec un CDI 35h, un mari, une maison et un chien ? #cliché

Pourquoi a-t-il fallu que je me batte autant pour qu’on accepte ma vision de la vie ? C’est-à-dire un voyage, me faisant voguer d’une île à une autre, d’un pays à un continent, en multipliant les expériences, en essayant tout ce qui me faisait envie, sans jamais m’enfermer dans une case ou m’attacher à une étiquette.

Ce à quoi j’ai toujours aspiré est pourtant simple : la liberté.

La liberté d’être qui je veux, d’aller où je veux, et de vivre les expériences qui me plaisent. Même si elles se terminent par un échec. Car l’échec n’est pas une mauvaise chose en soi.

Pour conclure, je rappellerai ceci : je suis unique. Tu es unique, toi aussi. Et nous ne devons plus laisser qui que ce soit nous dire le contraire. Un jour, un de mes anciens patrons m’a dit que je ne devais pas écrire, que je n’étais pas faite pour ça. Que je devais arrêter, et laisser ceux qui avaient suivi les « bonnes » études le faire. Car c’était leur boulot, pas le mien. Il m’a dit ça à moi, sans me connaître. Sans même me lire. Il s’est permis de dire à une personne dont il ignorait tout d’abandonner, sous quel prétexte ? L’absence d’un diplôme ? Ridicule. J’écris depuis toute petite, et je rêve de devenir écrivain depuis aussi longtemps. J’ai passé des heures et des heures à lire, à travailler mon style, à le perfectionner. Entendre ces mots a été terrible pour moi, mais cet homme m’a prouvé que ma passion et ma détermination étaient inébranlables. Car, devine quoi ? Je ne l’ai pas écouté. Et j’ai fini par me lancer.

Alors, si tu as un rêve, fonce ! N’écoute pas les autres. Prends des risques. Ne perds pas ton temps dans une situation qui ne te plaît pas. L’argent ne fait pas tout. Plus facile à dire qu’à faire, je sais. Mais, parfois même en gagnant moins que dans ton travail actuel, tu auras l’impression d’être mille fois plus riche. Tu peux aussi gagner des millions, et cela n’aura rien de mal. Tu pourras avoir un métier, ou bien des dizaines. Et tu sais quoi ? Tant mieux ! Si cela est ta conception du bonheur, alors fais-le. Qu’importe ce que les autres en pensent, qu’importe ce que la société en dit, fais-le. Point.

Vivre pour soi. Voilà un concept qui paraît simple, et qui est, pourtant, terriblement compliqué à mettre en place. Ce que toutes mes péripéties m’ont apprises, c’est qu’il y a une leçon à tirer de chaque échec, qu’il est toujours temps d’agir, et qu’il faut suivre ses rêves, son intuition, sans jamais baisser les bras face à l’adversité. Même lorsque son plus grand adversaire, c’est soi (on dirait la morale de fin d’un vieux film d’action américain).

J’espère sincèrement que mon histoire aura pu t’aider, même un tout petit peu. En écrivant cet article, j’ai souhaité écrire ce que j’aurai voulu lire lorsque j’étais au plus bas. Pour comprendre que je n’étais pas seule, pas anormale. N’hésite pas à me partager ton expérience ! Ce sera avec grand plaisir que je te lirai !


* Je ne l’apprécie pas car il sous-entend qu’il existe un profil typique, alors que, selon moi, chacun nourrit une particularité qui lui est propre.

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Reader Interactions

Comments

  1. coucou! je t’ai laissé un message sur livementor ce matin, je me suis inscrite à ta newsletter ce midi, et cet après m’, je te laisse un petit com’! Eh! Je suis à ça de venir te cuisiner tes pâtes ce soir chez toi! 😉
    Non en fait voilà, je découvre ton site, ton métier, ton blog et je trouve tout ceci fort intéressant et ça fait écho a pas mal de choses en moi. Sauf que j’ai quasi 40 balais et un enfant de 3 ans donc je me dis qu’il serait temps d’avoir ce déclic et d’affirmer deux trois de mes compétences pour me sentir bien dans mon job! Vivement la dépression donc! Joke again.. 😉

    Je fais du copywriting également, un peu poussée par la force des choses (mon boss et son associé, ils apprécieront le nominatif choisi). Le truc c’est qu’écrire pour soi, c’est une chose, écrire pour les autres ça en est une autre. La qualité du copywriting c’est le caractère authentique du message, on doit entendre la voix de celui qui le porte, sentir sa singularité. Or, l’autre n’est pas moi (hourra parfois tout de même, ah si si si!!) . Et l’autre a des positionnements que l’on ne partage pas forcement. Je me retrouve à écrire sur des tons que je déteste et du coup je trouve mon travail mauvais. Cela t’arrive t-il?
    Parfois aussi, on me demande d’écrire sur des sujets très spécifiques, sur lequel le porteur du projet est nécessairement plus calé que moi. Et j’ai le syndrome de l’imposteur qui me tombe dessus!
    Te retrouves-tu dans ces situations? Comment t’en sors-tu? T’as l’air heureuse donc je me dis que tu as du trouver des méthodes qui te permettent de mener une mission rédactionnelle dans un certain confort psychologique! Tu m’en dis plus? :)))
    A bientôt!
    Et bravo! Vive la plume et le renard!

    • Salut Manuella !
      Si ça, ce n’est pas de l’engagement, je ne sais pas ce que c’est ! 😂

      C’est jamais facile d’avoir ce genre de déclic, mais c’est possible… et sans faire de dépression ! Hourra !!! 😆 Personnellement, la dépression, ça a été le coup de pied qui me fallait pour prendre des risques. Mais après pour m’affirmer dans mon travail, je pense qu’il y a eu deux étapes hyper importantes qui m’ont permis de me sentir plus en confiance et donc mieux dans mes baskets :

      • la formation : que ce soit celles que j’ai suivi chez LiveMentor, ou les livres et articles que j’ai lus, les vidéos que j’ai regardés, les sites web que j’ai analysés (parce que oui, quand je vais sur un site qui me plaît, j’ai pris le réflexe de voir ce qui me plaisait ou ce qui marchait sur les autres 😅)

      • mon rebranding : je me sens bien plus légitime depuis que j’ai refait mon site. D’un parce qu’il me correspond mieux, mais surtout parce que j’ai dû réaliser, pour moi, tous les services que je propose. Ça m’a prouvé que j’étais largement capable de tous les faire, et bien ! – et quand je vois les retours que j’ai, ça me conforte encore plus ! Parce qu’on a tendance à l’oublier, mais quand on réalise quelque chose pour soi, c’est tout de même du travail et un exemple de ce dont on est capable. Je ne bosse pas différemment sur un projet qu’il soit pour un client ou pour moi. 🙂

      J’ai déjà écrit des textes en me disant « Moi, je l’aurais pas fait comme ça ». Ce n’est pas facile de lâcher prise et de se dire « Bon, mon texte là, il n’est pas pour moi. Donc tant pis si ça ne me correspond pas, tant que ça plaît à mon client. »
      Ce que je fais, c’est que j’échange toujours en premier avec lui, pour connaître son approche ; je lui propose parfois des approches qui me semblent plus pertinentes, mais le choix final reste le sien.
      Ensuite, je commente toujours ce que j’ai écrit. Pour expliquer mes choix, mes tournures de phrases, et je n’hésite pas à poser des questions. Cela me permet de savoir, dans un premier temps, si j’avance dans la bonne direction. Mais c’est aussi une bonne façon de lui proposer un texte qui fonctionnera ! Parce que, parfois, on me demande des choses et je sais que ça ne fera pas mouche auprès du lectorat. Donc je demande toujours pour qui tel ou tel texte est écrit, dans quel but, etc. Ces infos me permettent de justifier mes choix rédactionnelles. Mon interlocuteur comprend aussi mieux mon travail et à tendance à accepter plus facilement ce que je propose. Parce que je lui ai prouvé que j’avais pris en compte ses attentes, mais aussi que c’était moi l’experte en copywriting et que j’étais à même de prendre les bonnes décisions pour lui (c’est d’ailleurs une des raisons qui font que les gens engagent des copywriters : parce qu’on a des compétences qu’ils n’ont pas toujours !).

      Mais, pour éviter d’écrire des choses que je déteste, je fais une chose : je choisis mes clients. Je me suis spécialisée dans un domaine que j’aime, et lorsque j’ai une requête, j’échange d’abord avec la personne pour savoir ce qu’elle veut, ce qu’elle attend, etc., et ensuite je vois si cela me convient. Et si je ne me sens pas de l’écrire, je la redirige vers quelqu’un qui correspondra mieux à ses attentes.

      Pour résumer : ne le vois pas comme « ton » texte, parce que ce n’est pas le tien. Tu y mets forcément de toi, mais ce n’est pas comme un roman, tu vois ? Il faut réussir à penser comme l’autre et surtout, ne pas avoir peur d’échanger avec lui. Si tu penses qu’il va dans la mauvaise direction, dis-lui, en lui expliquant clairement pourquoi. Peut-être qu’il ne n’écoutera pas, mais peut-être que si. Et dans tous les cas, ça t’allègera d’un poids ^^

      Ah ! Le syndrome de l’imposteur ! Ce cher ami. Pour l’éviter, je demande pas mal d’informations avant de commencer, et je fais énormément de recherches pour me sentir en confiance sur le sujet. Et après, on en revient toujours à la même chose : je me suis spécialisée pour écrire sur des sujets qui m’intéressent déjà ! Et dis-toi que oui, forcément, la personne en face en saura généralement plus que toi sur le sujet, et si ce qu’elle te demande te paraît trop obscur alors : pose des questions. Plein de questions ! Elle se doute bien que tu n’es pas experte dans son domaine, vue que toi, ton domaine, c’est le copywriting. Le truc c’est que plus tu auras d’informations, moins tu auras l’impression d’être un imposteur.

      Quand je me relis, je me dis que c’est ça ma méthode : choisir des sujets qui me plaisent (bon, j’avoue que parfois ils ne sont pas dans ma spécialisation, mais s’ils m’intéressent quand même, j’ai tendance à dire oui) et surtout COMMUNIQUER. Je n’ai pas peur de poser des questions, même si elles peuvent paraître évidentes pour l’autre. Parce que son métier n’est pas le mien. Et puis je me renseigne beaucoup à côté. Je communique aussi pas mal sur mes choix, sur ce que j’écris, car l’autre ne connaît pas vraiment mon métier, ni les règles qui régissent la création de contenu. Il ne faut pas l’oublier. Plus tu éduqueras tes clients, plus tes prestations se dérouleront dans de bonnes conditions !
      Je ne te cache pas que parfois on me dit : »oui, Julia, tu pourrais écrire un article sur ça ? » Et dans ma tête, je me dis « Bon, c’est quoi ça ? » ou « Oh non… encore un terme à la mode… » ou « Heu… Google, vite ! ». Je fais quelques rapides recherches pour savoir si le sujet est quand même intéressant pour moi, et après je dis oui ou non.

      J’espère que ça t’a aidé ! Et puis, si tu veux qu’on en discute un peu plus, tu sais où me trouver sur LiveMentor, ou tu peux m’envoyer un e-mail 😁 Ce sera avec plaisir que j’échangerai avec toi ! Faut se serrer les coudes !

      À bientôt ! (et merci pour ton enthousiasme 💛😂)

      Julia

  2. Hello !

    Je suis en train de tourner et retourner les phrases que je prévois de t’écrire pour t’avouer combien je suis heureuse de lire ton témoignage, mais rien ne vient alors je vais écrire avec mon p’tit coeur.

    J’ai 27 ans, après une 1ère S, une Tle ES, 2 ans en fac de droit, 3 ans en info-com spé librairie et 4 ans de boulot en librairie (avec une année de chômage), me revoilà au chômage. Le syndrome de l’imposteur je connais, l’envie de vivre de son rêve je connais et je suis juste vachement rassurée par ton parcours. Aujourd’hui je suis une formation LiveMentor en Copywriting et c’est la première fois que j’ai l’impression de faire un truc qui a du sens pour moi.

    La librairie est un métier formidable, incroyable, dingue, mais c’est aussi un métier où il faut vendre. Comme toi, faire le + de CA possible, au bout d’un moment je n’en pouvais plus. Puis de gros soucis de santé ont ponctué mes années d’études et de boulot de moments pas faciles qui m’ont épuisée. Aujourd’hui je suis enfin détendue et sereine, même si je ne sais pas où je vais, je tente et je verrais si ça marche ou pas.

    Aujourd’hui mon blog affiche plus de visites car je travaille plus mes articles. Je gagne en confiance en moi. Je vais bientôt créer mon site internet professionnel, je suis les cours de LiveMentor et je vais acheter un carnet que j’aurais toujours sur moi pour écrire, écrire, écrire. J’ai eu peur d’écrire pendant longtemps, mais l’envie de m’a jamais quittée, alors maintenant je franchis le cas et je me lance une bonne fois pour toute !

    Merci, mille fois merci pour ton témoignage, il me donne de la force et du courage.
    Bonne chance à toit dans ce que tu entreprendras, tu le mérite !

    • Hey !

      Je vois qu’on a un parcours similaire ! Ce n’est jamais facile, mais aujourd’hui je me dis que toutes ces épreuves (parce que franchement c’en étaient ! 🤦🏻‍♀️) m’ont permis d’être plus forte et surtout de savoir que, Ô grand jamais !, je ne voulais revenir en arrière.

      Merci d’avoir partagé ta propre expérience avec moi, ça me rassure aussi de voir que je ne suis pas seule à être passée par là. Et, courage ! Même si aujourd’hui tu ne sais pas où tu vas, l’important c’est d’essayer, de grappiller des indices pour finir par trouver ce qui te convient !

      Écrire ce n’est pas tous les jours faciles, mais c’est une très bonne amie, un peu capricieuse, mais qui t’apportera plein de bonheur ! Je te félicite en tout cas pour avoir osé, pour t’être inscrite à la formation ; je sais que ce n’est pas toujours un cap facile à franchir, alors bravo ! 👏🏻

      J’ai hâte de voir ton site et c’est avec plaisir que j’irai lire tes articles sur ton blog ! N’hésite pas à venir me parler si tu en as besoin, entre profil atypique et membre de la Ligue des Copywriters/Écrivains il faut se serrer les coudes ! 😊

      Encore merci pour ton commentaire, il me touche vraiment, et je te souhaite plein de réussite et de bonheur dans tes projets présents et à venir !

      Que la Force soit avec toi !

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